Agir, la droite constructive», une nouvelle force politique à droite

EXCLUSIF - Le nouveau parti de droite est officiellement créé ce dimanche par une vingtaine de Constructifs qui n'adhèrent pas à La République en marche.

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VAHÉ GALSTYAN
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Alors que la marque «Agir, la droite constructive» avait été déposée le 7 octobre par le député Les Constructifs, de Seine-et-Marne, Franck Riester, comme l'avait raconté Le Figaro lundi dernier, ce dimanche, le parti est officiellement créé par une vingtaine de fondateurs par une tribune collective. Depuis des semaines, les Constructifs, structurés en groupe parlementaire, réfléchissaient à fonder un nouveau parti de droite. L'exclusion d'une partie d'entre eux a retardé le processus. Des divisions internes aussi. À l'inverse du ministre Gérald Darmanin, du secrétaire d'Etat Sébastien Lecornu et du député Thierry Solère, tous exclus des Républicains et qui viennent de rejoindre La République en marche, comme ils l'ont annoncé dans Le JDD ce 26 novembre, les 19 membres fondateurs d'Agir, veulent rester «libres» même s'ils font eux-aussi le choix «de soutenir les réformes engagées dans de nombreux domaines par l'actuel gouvernement mené par un Premier ministre issu de la droite». Et surtout ils entendent «défendre les idées libérales, sociales, européennes, humanistes et réformistes de la droite et du centre».

» DOCUMENT - La tribune

Parmi les fondateurs, le co-président du groupe Les Constructifs à l'Assemblée, Franck Riester, l'ex-ministre déjà parti des Républicains depuis le 8 juin, Frédéric Lefebvre, ont joué un rôle moteur dans la création d'Agir aux côtés des parlementaires particulièrement engagés dans cette entreprise dès le départ comme les sénateurs Fabienne Keller, Claude Malhuret et de la députée européenne Tokia Saïfi. Si les signataires sont issus des Constructifs, beaucoup sont toujours membres des Républicains comme la députée Laure de la Raudière, le député de Paris Pierre-Yves Bournazel, la députée de Seine-Maritime et successeur d'Édouard Philippe, Agnès Firmin-Le Bodo, la sénatrice du Bas-Rhin et juppéiste Fabienne Keller, le maire de Vesoul, Alain Chretien, le député du Bas-Rhin, Antoine Herth, la députée de la Marne Lise Magnier encore le député du Nord Vincent Ledoux… Il est le successeur de Gérald Darmanin à l'Assemblée nationale.

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Ces élus LR et désormais membres fondateurs d'Agir seront-ils exclus des Républicains alors qu'Agir admet la double appartenance Agir-LR? Si les statuts du nouveau parti ne seront débattus par les membres fondateurs que le 5 décembre, avant d'être définitivement déposés, le mouvement entend devenir une alternative aux Républicains. «À l'appel de tous ceux qui se reconnaissent dans notre démarche et sont attachés aux valeurs de la droite et du centre qui ont présidé à la fondation de l'UMP par Jacques Chirac, Alain Juppé, Jean-Pierre Raffarin et Nicolas Sarkozy, nous fondons aujourd'hui un nouveau parti: ‘Agir, la droite constructive'», font valoir les auteurs de la tribune qui ont choisi un verbe pour se différencier du nom des autres partis (voir ci-dessous).

Agir, s'oppose à tout rapprochement avec le Front national et s'engage à combattre son idéologie

Texte fondateur du nouveau parti de droite, Agir

«Notre devoir et notre responsabilité sont d'être utiles et de faire de ce quinquennat une réussite pour la France», écrivent-ils en défendant «les réformes nécessaires à la transformation de notre pays» en voulant s'appuyer sur les territoires. «C'est pourquoi nous avons fait le choix de soutenir les réformes engagées dans de nombreux domaines par l'actuel gouvernement mené par un premier ministre issu de la droite», précisent les élus en voulant devenir «force de propositions».

Mais «nous serons forces de propositions pour défendre les idées libérales, sociales, européennes, humanistes et réformistes de la droite et du centre et nous saurons nous opposer chaque fois que cela sera nécessaire», expliquent les fondateurs dans la tribune publiée dans Le Figaro. Ni LREM, ni LR désormais. «Nous refusons de voir la droite s'enfermer dans une ligne identitaire, autoritaire eurosceptique et ultra-conservatrice. Cette stratégie exacerbe les tensions de la société française et conduit à l'échec», ajoutent-ils en rejetant, sans le nommer, Laurent Wauquiez dont ils dénoncent la ligne et la campagne. «Agir, s'oppose à tout rapprochement avec le Front national et s'engage à combattre son idéologie».

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À 15 jours de l'élection du futur président des Républicains le 10 décembre, les fondateurs d'Agir se disent «orphelins d'une droite moderne, réformatrice et modérée à se joindre à nous. Dans le nouvel espace politique qui vient de s'ouvrir, nous serons le lieu du débat, de l'affirmation de nos idées et de l'action collaborative». Une volonté affichée de vouloir renouveler le fonctionnement des partis en essayant d'être innovants, totalement démocratique et de grignoter l'espace entre LREM et LR.


Voici ci-dessous la tribune fondatrice d'Agir:

Au printemps dernier, les Françaises et les Français ont exigé du concret, de l'action et du courage pour mener enfin les réformes nécessaires à la transformation de notre pays.

Notre devoir et notre responsabilité sont d'être utiles et de faire de ce quinquennat une réussite pour la France. C'est pourquoi nous avons fait le choix de soutenir les réformes engagées dans de nombreux domaines par l'actuel gouvernement mené par un Premier ministre issu de la droite. La fiscalité au service de la croissance, la simplification du droit du travail, l'acquisition des fondamentaux à l'école et la modernisation de l'action publique sont autant de réformes que nous avons appelées de nos vœux et que nous comptons aujourd'hui accompagner dans leur mise en œuvre.

Pour autant, nous sommes libres. Nous serons forces de propositions pour défendre les idées libérales, sociales, européennes, humanistes et réformistes de la droite et du centre, et nous saurons nous opposer chaque fois que cela sera nécessaire.

Nous refusons de voir la droite s'enfermer dans une ligne identitaire, autoritaire, eurosceptique et ultraconservatrice. Cette stratégie exacerbe les tensions de la société française et conduit à l'échec.

À l'appel de tous ceux qui se reconnaissent dans notre démarche et sont attachés aux valeurs de la droite et du centre qui ont présidé à la fondation de l'UMP par Jacques Chirac, Alain Juppé, Jean-Pierre Raffarin et Nicolas Sarkozy, nous fondons aujourd'hui un nouveau parti: Agir, la droite constructive.

Agir, une force qui rassemble.

Agir s'oppose à tout rapprochement avec le Front National et s'engage à combattre son idéologie.

Agir, réformateur et force de propositions, va contribuer activement à la transformation de notre pays.

Agir est attaché au respect de l'autorité de I'État et de l'ordre républicain, garant de la sécurité et des libertés publiques.

Agir, force humaniste, s'adresse à tous et s'engage dans la construction d'une société apaisée.

Agir, force libérale et sociale, croit en la responsabilité individuelle et en l'égalité des chances et valorise le mérite et la réussite, tout en étant convaincu qu'il n'y a pas de progrès économique durable sans respect de l'exigence de solidarité et de justice.

Agir, force tournée vers l'avenir, s'empare des grands enjeux contemporains tels que la révolution numérique et la transition écologique.

Agir, puise sa force au cœur des territoires, fédère des acteurs de terrain au plus près de nos espaces ruraux, urbains et ultramarins, et s'enrichit de l'expérience des Français de l'étranger.

Agir, pro-européen, s'engage pour une refondation en profondeur de I'Union afin qu'elle porte l'ambition des peuples qui la composent.

Nous croyons en la France. Fiers de son histoire et de sa culture, nous pensons que la France ne peut être forte qu'au sein d'une Europe forte.

Nous appelons tous ceux qui partagent notre volonté d'agir et se sentent orphelins d'une droite moderne, réformatrice et modérée à se joindre à nous. Dans le nouvel espace politique qui vient de s'ouvrir, nous serons le lieu du débat, de l'affirmation de nos idées et de l'action collaborative.»

Les membres fondateurs: Olivier Becht, député du Haut-Rhin, Jérôme Bignon, sénateur de la Somme, Pierre-Yves Bournazel, député de Paris, Emmanuel Capus, sénateur de Maine-et-Loire, Alain Chrétien, maire de Vesoul, Paul Christophe, député du Nord, Laure de La Raudière, députée d'Eure-et-Loir, Robert del Picchia, sénateur représentant les Français établis hors de France, Agnès Firmin-Le Bodo, députée de Seine-Maritime, Antoine Herth, député du Bas-Rhin, Fabienne Keller, sénatrice du Bas-Rhin, Vincent Ledoux, député du Nord, Frédéric Lefebvre, ancien ministre, Lise Magnier, députée de la Marne, Claude Malhuret, sénateur de l'Allier, Colette Mélot, sénatrice de Seine-et-Marne, Franck Riester, député de Seine-et-Marne, Tokia Saïfi, députée européenne, Louis Vogel, maire de Melun.