Stéphane Le Foll : «Il faut relever la tête»

Même s'il n'est pas encore officiellement candidat à la tête du PS, l'ancien ministre a donné samedi le top départ de la bataille du congrès en organisant une première réunion publique à Paris.

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VAHÉ GALSTYAN
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La bataille pour le congrès du Parti socialiste se prépare. En organisant samedi à La Bellevilloise (Paris XXe arrondissement) une réunion publique, l'ancien ministre Stéphane Le Foll a pris date. «Il ne s'agit pas de lancer les hostilités», a-t-il juré, même si tous les ingrédients y étaient. Environ 200 militants, un début de comité de soutien chez les caciques, une scène centrale, de la musique pour marquer le début du discours. Comme un goût de campagne alors que le PS est sorti laminé de la dernière séquence électorale et que tout est à reconstruire…

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«Ce congrès est une étape qu'il faut franchir correctement», a indiqué le député de la Sarthe qui a aussi prévenu que pour retrouver le pouvoir «il y aura d'autres étapes». Lançant: «Mais si on rate la première, on ne parviendra pas à atteindre la deuxième». Pour se faire, il a fait le vœu d'une «transparence» des débats internes où «respect» et «maîtrise» des protagonistes seraient les maîtres mots. Pas question, dès lors, de précipiter les choses en se déclarant candidat. Son choix sera connu d'ici la fin de l'année, au plus tard en janvier. Pour l'heure il préfère faire le service après-vente du long texte qu'il a publié en début de semaine, sorte de contribution qui pose les jalons d'une ambition.

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Devant des militants venus de toute la France, Stéphane Le Foll a dit vouloir retourner «aux origines» du PS en remettant au goût du jour «l'internationalisme». «Le pire dans le débat qui a eu lieu depuis quinze, vingt ans, c'est que pour une partie de la gauche, la seule solution a été de dire qu'il ne fallait pas regarder le monde, pas regarder l'Europe et trouver des solutions chacun dans ses frontières. Aujourd'hui, l'identité socialiste elle doit revenir, en quelque sorte, aux origines de l'internationalisme. On aura à traiter la question de ceux qui sont les perdants de la mondialisation, mais à l'échelle de la planète. C'était ça le grand message de ‘'prolétaires de tous pays unissez-vous''», a-t-il déclaré avant de lancer lui-même: «Citoyens de tous les pays, unissez-vous.»

À ses camarades qui s'activent pour le congrès, il a mis en garde contre «des formules médiocres» lâchées «sans prendre la dimension du moment» et qui auraient pour conséquence de plonger le PS dans une «incapacité à se régénérer», lequel risquerait alors de «mourir». «Il doit retrouver une force d'expression», a poursuivi Stéphane Le Foll qui a invité ses troupes à «relever la tête» face à «l'extrême centre», manière de désigner la République en marche, qui, a-t-il jugé, offre aux extrêmes la possibilité d'incarner une alternative.

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Un discours qui a séduit plusieurs anciens ministres de François Hollande présents dans la salle. Outre François Rebsamen, Frédéric Cuvillier juge que son ancien collègue «a le bon profil» pour devenir premier secrétaire. «Mais on met les choses dans l'ordre. On ne va pas faire le casting avant d'avoir le scénario», manière de critiquer l'initiative des quadras du PS qui se sont récemment accordés sur le nom de Najat Vallaud-Belkacem à l'occasion d'un dîner secret révélé par Le Figaro. Patrick Kanner, qui était lui aussi présent, a salué «une belle première rencontre». Sans être en mesure d'assurer avec certitude qu'elle débouchera sur une candidature en bonne et due forme.

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